rails
"Tu sais, la ville approche. J'en ai la lumière éclatée du fond des astres, des gravillons fichés dans le moindre carré, et même l'odeur de quelques notes.
- Tu as remarqué ? les soirs qui sont celui-ci, nous ressemblons, ferroviaires, aux tours de roue. Nous sommes les râles des machines, les balanciers trompeurs, ici le soir est un genre de roche un peu précieuse (il paraît).
Une habitude qui s'attarde très vite.
- Tu crois qu'il fera jour ?"
A force d'en parler, le temps d'un aller-détour, je crois bien que nous avons déconstruit le train (qui pourtant roule à vive ordure). Aime-donc ta fenêtre : les faisceaux du monde y défilent à plein régime.
"On estime, à vue d'ongle, quelques cas de figure..."
La glissière chante
Acier projette
Gare encore.
Etourdi
Sur le quai deux questions
Trois voyageurs
Un feu de bronches
Je nous vois rôtissant quelque nom clandestin
M'approche, translucide
"Auriez-vous vu passer une calligraphie ?
- Il passe des oiseaux méthodiques
- Et le coeur, bat-il dans le vide ? et qui l'entend crier ?
- De temps à autre un signe intrus se joue de nous
Dans la courbe nocturne, à peine
Une approximation."
Je pris congé des rails. Finalement, courir...