"La nostalgie, c'est comme les coups de soleils. C'est pas sur le moment que ça fait mal, c'est le soir." (Desproges)
Voyage en Ironie
Une tension soudaine a traversé la masse translucide - l'habitacle. Les gens, dehors, n'ont même pas frémi. Bien sûr
Le murmure des roches n'effleure qu'en écho
Retour de flamme, électrique douleur
Peut-on rêver plus pur -dur comme ébène- rêve ?
sourds claquements internes, aimants contraires, organes déchirés
Accrocher les derniers sourires aux trajectoires sifflantes,
plié, courbé - le poids des balles dans la chair
Le merveilleux charnier qui fonde nos croyances
Stables -comme le sont les pions-
Enchantés dans la suie.
Sourire encore
Un peu.
Main tendue hors d'asphalte, une illumination
Des avaleurs de chair à la gorge serrée
Asphyxie les soutiens du mur, mornes fusions
Et, noirs, tu nous verras, les faux frères guerriers
De routine, de ronde aux lumières bleutées
(Les vautours revêtus de cadavres pervenche)
L'imprégnation, la poudre, une âcre remontée
Les blocs et l'acier tintent et clament la revanche
On sentira les coups, jusqu'au petit matin
On comptera les morts et la danse rassemble
Dans les terrains carcasses, de droiture empreints,
Fuyons la crasse lisse, l'Homme, qui nous ressemble,
Indocile et cyclique ; apprends, toujours trop tard,
Que l'image effrénée nous reflète bien mal
Que seul le coup de poing fatal dans le miroir
Est une chance offerte, hors du chemin normal