Mes chers petits amis,
Ceci est un disque longue durée,
Produit par les touffes de fougère du fond du jardin.Prenez bien garde à la musique :
Vous saurez qu’il est temps de coller les pages entre elles
Lorsque vous entendrez trois petits coups de sifflet
Comme ceci
[deux, trois]
Sur l’impassible contrefort de cent palais,
Par avancement d’effectif et d’un peu de pâte-à-régner,
Se tracent des glyphes crus, de clinquants noms d’origami,
Des projets, secs, ou la tornade repliée contre la paume de trois vers.
Sur le carrelage,
Une ligne de figurines.
[quatre]
Camp : Bottes chargées, munitions creuses d’espoir,
Et j’en soufflais comme la plaine se retient de soupirer,
Toutes cascades figées, nappe grise titulaire au firmament.
Oui,
Je crois bien que l’on soufflait des heures durant, grelottées,
De si longues veillées de sang
vous en aviez le rythme bleu,
(J’avais repris)
Désordonné.
J’avais repris, cette année (cette vie) le plus terne maquillage-idée
Qui rabâche la perspective
(droite, fuis !)
J’avais repris -trois fois- des restes de seconde pour se désaffecter,
Les passagers reclus formant un même compartiment
Transpirant de faïence,
Prévoyaient
- prenez bien garde à la musique -
Nous y dérobons, minces, fiévreux, de faux airs d’attroupement,
D’éventre-terre, à dépasser pour y peindre un clair de monde
prost(e)r(n)é
J’ai cette propagande, un écrin de zone blindée, finalement
Vous deviniez déjà -juste avant « kaléidoscope » -
Longs panneaux de courbes tissées,
Bois ondulant /
Ressemblent
- tout évoque, sans jamais lasser -
Le bruit nous immerge ; peu à peu ; s’emporte, reprise
Un visage ravalé, grade en sang, masque interchangé
Se forme depuis les conduits référencés du ventre électrique
(soude, brûle !)
Nimbant les abords,
Les revers, le chemin gravé sans procession qui nous encombre d’oxygène
Et la triste beauté du mal, à droite du ciel étoilé.
Cette rétine persistante court à perte de loi, raidie :
J’ai deux couleurs d’avant-sauter, sur l’image-même, glacées.
Le reste peut faner, ma vie
Mais poursuite (longue durée) :
Deux joueurs
D’un constat de petits chevaux
Sous les éclats de couleur nue, sur fond de notes ‘‘Longue durée’’
Celui près de moi n’a rien
Toutes les cartes sont vendues
Ses longs bras semblent empruntés,
Son nez ravi (J’étrange-lien) d’un tendre cil irrésigné
Comprenez, ce reflux des halètements
Tierce,
Dame,
Perds
Et fonds ;
Passe,
Juste simple, même disque - longue durée :
- Déclic -
Il suffit, depuis que les galets bordent ma bouche,
Que je penche le monde en arrière
(nuque, plie !)
-Suffit d’un rien (ne saurait changer) :
Deux
Mélodie/
L’y a, là dehors, tout polycopiés, des bouts d’enfant,
Des quarts de faux qui ne tranchent qu’avides
Nos tapis d’élytres
Maîtrisés
Comme la braise dans le verre,
Délicatement recousue
D’inestimable
injustifié.
Des briques déchaussées bordent la route
L'éminence, l'intégrale
Folie même en surbrillance,
Evocation du cellophane
Et l'essaim de voix maîtrisées
Ne laisse percer
Que nous
Jeu : l'ego déconstruit
Des masses de cailloux
Qu'on prédestinera
Pour voir s'ils en remuent
Dégoûtés
Comme l'asymétrie,
L'intelligence pure -
Ou le vertige
En-soi
J'ai vu des libellules, parfois
Des ardeurs aux gencives salées
Qu'on se frissonne,
Tard,
Détraqué d'émotion,
De barques détachées
.
copie colle sur ton bloc note si tu veux
Joe sentait leurs regards sur lui posés.
Il preferait sa vie precedente de carrossier dans l'Arizona
je suppose que ça va créer des emplois...
comme l’avait rappelé le Ministre de l’Agriculture
de ta télé
"la je ne vous suis plus,
le vrai, si possible !
A quoi bon citer Giraudoux ?
à destination de Los Angeles, pour financer de manière occulte.
mon gros ? créatif, c'est quoi ?
il permet de contourner, tu as une bonne associée pour ça
mais moi j'aime plus trop ça
Je ne suis plus d'attaque pour les chats,
Désolé
Rendez-vous sur le Canal 36, un jour sur deux
...
Canal ?
ca depend en quelles circonstances et a quel public
N'hésitez pas à leur demander des précisions
autour du bétail, dans les bâtiments d’une propreté douteuse
t'es bourré
tiens
redonne
moi
-le vrai si possible-
en veux-tu@en.voilà
vrai.nourri@stock-options
je ne suis plus vous (à quoi bon citer Giraudoux ?)
il ne se doute encore pas du chamboulement qui l'attend
N'hésitez pas à leur demander des précisions
il a deja demande il s'est casse le nez sur des portes en bois
des chairs en roses a vents
Joe sentait leurs regards sur lui posés
comme l’avait rappelé le Ministre de l’Agriculture
il en avait pourtant senti des regards dans sa vie, il preferait sa vie precedente de carrossier dans l'arizona
je suppose que ça va créer des emplois...
copie colle sur ton bloc note si tu veux
je suppose que ça va créer des emplois...
copie colle sur ton bloc note si tu veux
il en avait pourtant senti des regards dans sa vie, il preferait sa vie precedente de carrossier dans l'arizona
je ne suis plus vous mais au moins j'étais net
le flegme ravaudé, nos étages pourrissent en mettant la lumière à rebours de nos vies mandibules lacées du cataclysme pair, un ciment-litanie favorise parfois la numérisation des enigmes tachées, sais-tu les pores faits, la poire à demi-mots, d'attaque et de nos cages lapées sans qu'un ressac attrape l'os à mine et flatte lentement les abcés sympathiques en reglement de comptes tassés, démobilisés, flous, j'attaque sans lire et les yeux fermés defendent la foi du passeur de chemins le rythme maladroit qui s'érige, plinthes fermées, noires de la procrastination sans mollir depuis j'ai vu les nains de cour et l'article sinueux de front à senteur passée, calme, calme, vide, éminence, arrimage, et s'il y a l'appel du plus rondin debout du plus fort à décroître sans qu'on sache ou peut-être. ca ne pince jamais que ses traits détrempés, la fille aux yeux de bille, de clapement sourd aux surfaces de lots perdus contre nos foules molles, déliées tu l'as dit cinquante-sept fois mieux de part en part en part d'artimon de chagall et de certains grains secs au pied de notre stature vrillée demain pour voir si des poissons peuvent encore manger les poutres décalquées contre la peau tirée par quatre pingres flous des fois qu'on n'y croie plus sans que les maux résonnent de flaque à filtrer l'énorme décoction du malin sempiternel écarlate, on a vu se passer des fuseaux, des styles mains en bas, depuis sans l'au-delà, castagne, mur et lion, départ pour la prochaine ou de petites rides se flanquent, poussives - ma soeur était la voie, l'environnement claque, il ne sera plus temps d'en voir les fondations qu'on laisse négliger ce qui porte à confondre la patte verte de cire appuyée len te ment faire tout jusqu'au sel de la vache annonée, pourrait-on savoir l'arbre, la verte oscillation du cadre parfois nous serons jeunes à s'en tirer les centimes au hasard, en applaudir des vagues, des mousses dorées qui vrombissent platement, ca ne serait pas si tonnant, chartreux, sale comme une petite voiture de chien, qu'on aurait fêté sans mot dire, à coups féris, dover, punk à rebours, s'attrape sans penser, de petites plaques électro-sensibles et peut-être ou avoir à travers, petitement narquois, j'ourdis l'essentiel des pas déjà tracés comme on ne vante rien que la poussière mise entre les deux couverts qui se mentent, passés, mais passez donc, mon antre déboulonne hystérique, amenuise en copeaux du ventre largement, virgule anthropométrique, et serpents de la vitre qui tapent dans les reins, toi jusqu'à perdre un souffle, sermonné, pensif, et puis demain toujours, esthétique plaquée d'acide formidable, et puis non pas de vie sous le tain sous le vain, pauvre pâte-lamelle asséchée sur des trucs et des astuces, faire la mite, pensif et détartrant, cheminons, mon amour
C'est un verre d'eau rouge, une calme étendue
Liquéfiante, nocturne - une plaine ambroisienne :
L'océan de tes noms, parsemé de pollen
Et de poudre orageuse aux lignes contenues
Gisement d'oriflammes, évidente diaphane
Il n'est de signe, d'astre, qui ne vous soit voué
De courbe majesté qui devant toi ne fane
Urticante traînée de braises (Nuit fardée)
Chimère efflorescente aux matières grisantes
Intelligible grâce, au creux des gouttes nées
De vos lèvres vernies de nectar, éclatantes.
Ma girouette bleue, gitane calcinée
Qui s'existe parfois comme on se quintessence
Et s'attache à demi, vagabonde angélique,
Ou désagrège (écho) les suaves nonchalances
D'une cendre lunaire, ineffable, erratique.
On démêle, étincelle au bras ligneux du temps,
Ce gisant redressé d'astéroïdes-lois
Décelé par les astres, et dévolu, pesant.
Fastidieux plumitif, dépose l'arme aux doigts,
Regarde lentement ces prunelles enfouies...
On y jetterait l'âme aux roses, puis la foi
Latente, silencieuse - enfin la peau meurtrie
Surface chrysocale en poussières de toi
Nous sommes clôturés
Dans le vide à crédit comme on trace l'entrain :
Métallique, lassant.
Frénétique,
Frémir d'un malaise perlé.
J'attends que tout existe, encombré de lumière
Et nargue le miroir en courant
Et nargue le miroir alternatif
Le gosier de l'ennui qu'on tue
Nous sommes détachés ;
Posément, transpercé, le coeur fuit
Plus vite que le corps, éternisé, croupi
Plus vite que le corps, et s'en dévitalise
Antéposés, survivre.
Nous sommes
Prosternés, silencieux, maison morte
Bois mes veines
Demain taries
Nous sommes cet espace, lisse
Consternant.
Nous sommes le verrou sur le rideau de douche
Et d'un pouce égaré, ma peau qui te retrace
Etire, arrière-goût, le soupçon maladroit de remembrance pâle
Et l'alanguissement de tout qui navre les relents
Congestionne,
Encombrant les conduits d'asthénie
Nous sommes cette épave éparpillée de la confiance
A démonter soi-même en un joyeux catabolisme
Et je serai rationnel avant l'aube
A m'en désagréger
Nous sommes nus,
Maîtres de nous, de rien, d'un bout de plèbe
A qui le vent livra les armes
Afin qu'on se lève à sa place
Nous sommes productifs,
Menés par la férule grasse des condamnants
Dont la face ampoulée
Fossoye sans théorie
Nous, grotesques, quand rien ne peut s'écrire
Nous sommes catégoriques,
Aucun texte n'est digne de calligraphie
Si ce n'est ton prénom.
L'encre délie,
Dense,
Avoisine,
Et chante l'électricité
- C'est une limite, abritée,
Non, moins que cela, juste
Comme une forêt -
Perle des cartouches d'absence
Ou bien
L'envers des luttes,
Et les mains gantées de taches Reynolds.
Effilée, tribale, probante
A ne l'en prononcer que plus fort
Insolente
Une onde choque, messaline
Et claque, tous foies détachés
Gomme les nuits, lente, déboussole nos coeurs.
A demi-doigts, pose les points
Quinte de respiration faible
Etrange proue
Mon phénomène, lâche, se reconnaîtrait
Dans les glaces
Les murs polis
L'atmosphère non plus
N'est rien
(écrit à 4 mains - boy / elkor)
Le
rebutant bassin s'étendait en campagne, -acide et laide nappe au champ
de l'inaction- jusqu'aux plaines, grossières, molles, malplaisantes.
Des abats de boucs
On évita la rétention d'herbe-à-condition lors de l'agitation quotidienne du bus de 8h00. - On pourrait tout gâcher / - Bonne idée :
Plan 1 / scène 1 / séquence 1 / lieu 1 :
un vieux valet d'épique, une robe, des feutres, un carré de taffetas décousable, un héritage, une poche et deux voix off.
Le valet d'épique, le "quelque chose ou rien",
balade son héritage sous le bras, tête coincée dans un chapeau, et sert
ses premiers pas, ce jour-là, dans la suite à l'allure impolie
d'échappatoire. Une ville morte, des souks et des tas de boue.
Ville qui vit jeter les coeurs, les trèfles (où ? - aux orties), ville décimée par la peste.
Quelques nids de vie, mous, fondaient en clapier de
retraite/Abri forcé-prétexte à l'irritation rude, striaient l'âcre
étendue. Des gens bons, des gens narquois, des tas de boue, de la terre
cuite. Des jarres de cuites.
Et les carreaux sans paillettes.
Le narrateur ne se répandit pas sur l'état des ruelles jonchées d'arbres en taule - adaptés au verrouillage des villes
L'estÿle du Vieux valet gondolé par les os de venise et l'exercice du pouvoir rayonnait de l'outrecuidance suremphasistique qui nimbait sa robe, aux poches gonflées de galets -l'héritage-. La robe est composée linéairement de boîtes de feutre (et de taffetas, car ce sont les plus soyeuses). C'est un valet carré, ou carreau, Avec une équerre autour du cou, disons, tout de go, à portée de main.
L'héritage est ici masqué par la robe de taffetas, tant les frasques paternelles encombrent notre idée du luxe. Dans la poche, mais les gens ont souvent la poche bien cachée.
Sa décoration personnelle lui a demandé des efforts, mais c'est lui qui a commencé
Plan 2 / scène 2 / séquence 2 / lieu 2 :
un vieux valet d'épique, une robe, des feutres, un carré de taffetas décousable, un héritage, une poche, un mètre, une chaire, une bonne blague et deux voix-off.
Le vieux valet, vieux, a un maître
(Apportez la bonne blague !)
Le Maître Cube de Paul Valet prit un stylo-taffetas - plus soyeux que le feutre de l'oeil.
Mètre
de chaire et d'os gond[os]lé, comme il est de coutume, au niveau de la
colonne vertébrale -Un alignement de haricots sub-chair-
"- Il est reste une bonne blague hors-plateau ?
- Oui
- Bon, j'attends le valet de pied
ferme"
Une baie d'ortie rouge, indéminable en salade vertueuse se laissait manger en cercles vicieux.
L'humour vint en mangeant.
Or les cercles ne se
déplacent qu'en rosace, tournent de main en main, sans distinction,
représentent nos vies, passent de vain en vain [traditionnellement, le
cercle est un symbole vitoyal (i.e.
qui-fait-comme-pour-représenter-nos-vies) de première main. Son
invention date des premières moitiés du siècle d'avant dieu, et on en
constate des représentations exceptionnelles sur la plupart des
bas-reliefs de province et de navarre surtout de navarre oh oui]
* Un élément perturbateur vient de se connecter au réseau épique
Comme le Maître, et lire Paris-Turf sur le
transatlantique d'un navire de guerre un peu trop grand pour lui où il
joue sur les hommes avec des numéros en grignotant de petits
hippocampes - notre valet en souffre, car c'est une sorte
d'hippocampe - il en souffre mais tient le plateau, fier et droit, le
valet d'avant-Tout ! mais bon il souffre. C'est une sorte à part
entière. Une Sorte bien particulière, bien humaine. Il a changé le jour
où, mu par une compassion existentielle vis-à-vis des hippocampes et de
leur condition, il s'est transformé en Sorte. Il a connu les années
trente.
Plan 3 / scène 3 / séquence 3 / lieu 3 :un maître cube.
"Avez-vous vu Gosford Park ?- Non, monsieur, c'était fermé.
- vous devriez."
La chanson continuait sur les valets :
"J'ai cotoyé quelques années 1930 - lesquelles ? - les plus connues - les plus dures - les plus intenses - les plus trente - les plus plues - les plus trente oui ..."
Le maître méprise tous les hippocampes et toutes les Sortes. Il en résulte trente attitudes, une pour chaque année. La première attitude est la condescendance. La deuxième attitude est la pitié. Les autres ont des noms de regards et je ne peux pas donner publiquement le nom des regards.
On leur amenait des plantes rutilantes, en guise de laitue. Les mangèrent en salade, avec le pont du navire pour seule perspective
"je sens que tu veux me congédier", abrupta le valet dégrossi
-non. Vous avez toujours été dingue, rance, court
-on disait il y a vingt ans que de congédier les gens pendant 50 ans permettrait de les faire revivre plus tard
-oui, mais c'était avant l'invention du congédiateur - ou plutot avant son utilisation industrielle et ses conséquences sur l'évolution des ressources humaines disponibles dans la chaine des poulets-et-chômeurs Leduc (Haute-Dordogne)..."
Afin d'exciter les muscles sub-liminaux, une vignette frénétique s'incrustait à droite du présentateur, montrant facétieusement les installations hybrides de chômeurs-et-poulets entassés en batterie tandis que d'immenses déversoirs de farine animale et chômale rendaient chaniculaire l'aboiement scandé des batteurs de tambours
"restez polie, jeune loutre ! - restez jolie, bonne loutre ! - testez mon lit, conne loutre !"
Ce faisant, ils s'approchaient des côtes où battaient une chamade de vagues et le loquet de la cabine était retombé tout seul, enfermant l'univers entier à l'extérieur de l'intérieur, en plein extérieur, ce qui va de soi, vis inversées à Palm Beach en nuit américaine avec une vedette à moteur qui ne sait pas parler allemand-ne sait même pas congédier en allemand.
Et c'est un comble, parce que les allemands
aiment bien congédier, comme ca, machine allemande et grosse bertha.
Elle, congédie ce qu'elle veut, bat, surtaxée, d'un seul coup de
culbute et c'est d'ailleurs sa qualité première, la raison de son
exploitation, la cause de son asservissement.
"Un port épique ! "
Passe un souffle de chat-en-voile.
L'histoire se décousit brutalement sous la pression - les deux, là, c'est tout ce qu'ils savaient faire, en découseurs à l'ordre public aux dissidences singulières : fort peu médiatisée, intimistique et plébéienne, une dissidence pulmonaire proche du peuple,
La populace occulte, à l'amorce putride...
"- Je les sens mal les années trente. On dirait que le valet serait des années soixante, plutôt.
- On ne peut pas, trop tard, il est planté dans les trente.
- Nous ne serons jamais prêts pour le festival épique.
- Je propose de nous congédier."
Au loin, Tlemcen mordait aux Bethléehaemeçons (un appel sur l'autre ligne)
" Vous aussi, vous avez entendu claquer l'étendard ?
je pensais que c'était ça : nous approchons des côtes
(mais je n'étais pas sûr)
toujours pas de réponse de la meneuse de revue
- rien n'est sûr"
renchérit-il.
Mais la deuxième partie avait déjà commençé, et personne ne semblait s'en soucier.
- Comme on le verra la qualité n'est pas toujours au rendez-vous mais l'épique fait preuve de beaucoup de coeur et d'un bel état d'esprit - ce qui est toujours utile, notamment aux scouts, bien entendu, mais peut aussi servir à un maître (et c'est revers de la médaille) pour peu qu'il soit, de façon impromptue, amené, tout à coup, à être fait scout, au détour d'un chemin parsemé de virgules.
Ce n'était pas le cas du Cube :
- J'ai été appelé chez les scouts mais j'ai déserté.
- Cela ne vous empêche-t-il pas désormais de passer tout diplôme de ragondin furtif ? ; - bien que nous connaissions tous deux la scie qui chante aux berceaux mous qu'un seul décompte est décadence, et savoir détruire une table (à partir de presque rien)
- c'est le problème oui. Mais je ne m'intéresse pas aux activités essentiellement lucratives comme boulanger ou ragondin furtif, Je n'aime ni la foule ni la foulée, ni la danse ni la cadence... et puis, partir de rien... j'ai des ambitions plus grandes, plus folles ! Et partir de ses ongles, jeune gnou ! Cet ongle qui, chez moi, et à partir d'ici, n'est presque rien. D'ailleurs, ici non plus il n'a pas plu, et vous mentez.
- C'est heureux, les scouts ont entamé la chasse aux escargots. Et sans escargots, on ne peut pas vraiment dire qu'il pleuve. Ca ne se fait pas. Pas en leur absence. C'est inconvenant, belliqueux, somptuaire et tique.
-Ah oui, et leur absence est-elle saisonnière ou simplement intermittente ? demanda l'hippocamphage qui tendait là le piège ordinaire qu'on réserve aux bizuts
-Qui sait, passez moi une miche de pain de plastic, puisqu'il fait "beau !"
reviendront-ils bientot?
demandons-au hublot
(sans tiret)
-mais ils ne virent que des hublots avec tiret-
Du bastingage pendait un oeuf, avec un mégaphone, et qui délibérait :
"L'accession au pouvoir, le mode de gouvernement, le militarisme exacerbé et l'absence totale de béance dans leurs pores sont les caractéristiques des hublots d'après la rumeur ! La huitième condition n'est cependant jamais remplie, d'où les dépositions multiples et les blattes du parquet ! C'est une des absurdités du système hublotique ! Assez de dépositions, c'est la troisième condition ! L'autruche ment, en général ! Vous pourrez tourner la page lorsque votre musicassette émettra trois petits coups de sifflet ! L'autruche ment, en général !"
Et, de fait, c'est là une des caractéristiques des autruches que cette propension au délassement. Celle du paquebot, l'artiste, entamait un portrait de la Grosse Bertha, sus-nommée, ce qui est littéralement répugnant.
- Monsieur, l'autruche a peint. En caporal
- bleu caporal ? oui, ca délasse
Le modèle teuton chantonnait
"mon allemand me délasse oh gué vive la rose"
"mon berger allemand se prélasse au guet de ma culotte rose"
N'écoutant que son courage, l'autruche méditait sur l'oustruche et l'autruchon (variantes autruchiennes d'ancien latin et de pallier d'évolution) -un oustachi moustachu fut mis à la porte des studios pour cause de casting surchargé par cet évènement de poids. En effet, il y a des limites.
Cette variété d'oustruche, ayant suivi les cours d'Alain présentait un profil effilé, alainérodynamique, et qui, pour proche de celui du mouton qu'il fut, présentait l'avantage de voyager plus facilement en valise et de faire de ravissants petits vols planés quand elle apprenait à voler sans y parvenir à bout.
D'ailleurs ! - hurla le Valet à son hippocampe inférieur.
le Bout !
est le but
de tous !
(Très bien)
Pour certains, le but-Bout est de passer le filet. Pour d'autres,
marcher droit fait la Quête du Bout, mais pas sur les lignes blanches.
Et Paul et M. Cube, évidemment, cherchaient le Bout, également /chacun
son Bout c'est entendu, mais enfin c'est déjà : Le Bout du succès pour
l'un,
Et le bout du risque pour le valet.
On s'aperçoit que l'hippocampe était mal tourné. Quelqu'un d'autre le fait pivoter sur son socle. Mode d'emploi : remuer régulièrement l'hippocampe sinon la pulpe file un bas dans un bain de SangCerre. Or, on ne peut chausser des bas par le haut sauf (si on fait le poirier)
Paul Valet se faisait sourd, et tentait de hausser des chats par le beau.
"Chausser la poire ou chausson au pommes ou chaussée glissante ou..", chantonnaillait paul, qui valet bien mieux que ça. Son regard croisa le fer, acheva le maigre sentiment qui s'emmerdait dans sa poitrine.
"Je vous prie...
-bof,
dit Maitre Cube
-on ne dit pas bof aux gens qui prient.. ca ne se fait pas, Maître.
-je sais, je sais,
fit Maitre Cube
-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_
Dans le rôle du Valet d'Epique : Kor
Dans le rôle de Maitre Cube : Boy
Dans plein d'autres petits rôles : une série de clous
Acte 4Lieu 4
4 x 4
/action/
Maître Cube dit :
Ah, vous êtes là !Enfin, mon Valet. Je vous ai fait appeler il y a plus de deux lunes
Valet d'Epique dit :
C'est que nous n'avons plus que du décaféiné, Monsieur..Maître Cube dit :
La couleur d'essieu est trop feutre a mes gouts. Je voudrais quelque chose de plus feu de campValet d'Epique dit :
Un problème avec la couleur d'essieu ?.. Et j'ai, plein de gré, à l'insu des persiennes, un peu piqué du nez.Maître Cube dit :
Un peu de maniérisme, enfin, Paul ! Vous êtes droit comme un piqué
Le valet mettait son bandeau de marsouin,
chantant un haiku en nicéphorien
a des fins d'immortalisation du vent divin
Maître Cube dit :
Vous êtes un formidable mime, mon ValetJ'ai de la chance d'avoir un Valet si peu valet, au fond; un valet à ce point maniériste et à ce point virgule
Valet d'Epique dit :
Ah ! point virgule hélas, vous me faites trop donneur et mon sang se fait rare. Bien, je retourne à ma palette à essieuMaître Cube dit :
; Ah, non, on sonneValet d'Epique dit :
Eh bien ? allez ouvrirMaître Cube dit :
Allez ouvrirValet d'Epique dit :
Enfin ! c'est qui le Maître ici, vous ou moi ?Maître Cube dit :
Tiens Comme c'est curieux, nous venons de nous telescoper. Vous venez de penser une seconde que vous étiez Maitre et moi que j'avais du pouvoir sur vous: comme c'est Curieux. Allez ouvrir, je crois que c'est Curieux, Il va s'impatienter.Valet d'Epique dit :
Impossible monsieur, il a décommandé. Et puis nous sommes en pleine mer, et il doit bien le savoir.Maître Cube dit :
Depuis quand a-t-il un téléviseur ?Valet d'Epique dit :
Je ne crois pas qu'il ait de téléviseur, il n'a qu'une détélécommandeMaître Cube dit :
C'est bien impoli de sa PartValet d'Epique dit :
Malaimable, oui. Enfin, il me semble qu'il a un téléviseur mais il ne s'en sert qu'à proximité, les poissons n'aiment pas être nourris à la télécommandeMaître Cube dit :
J'espère que sa Mart lui donnera une bonne râclée tiens on a encore sonnéValet d'Epique dit :
"on" doit s'impatienterMaître Cube dit :
Allez ouvrir Paul
et c'était bien un "on". Paul, ouvert, revint avec "on", hier aflure dans son costume rouge-gris !
Maître Cube dit :
Mais il ne parle pas.. - Ne parlez pas, mon cher On.
Il fut obéi.
Maintenant, des petites têtes émergeaient du cou d'"on"
"pouah ! sainte marippocampe.." se dit le Valet, à part
Maître Cube dit :
Vous n'êtes pas venu avec One ? Répondez ou je vous emprise One!
Paul, servez un ace à notre hôte riche
(Paul Valet, que ce spectacle rebutait, se tint à la corde à linge)
La chose dit :
(gargouillis que nous retranscrirons pas ici pour des raisons de copyright)La chose dit :
* d'un ton de plaque en marbre * l'apocalypse en stereo, tourbe tentatriceLa chose dit :
tremble, foule ! pitres !Maître Cube dit :
Ne faites pas l'idiot, Paul ! Obtempérez...La chose dit :
Paul dit :
La chose dit :
La chose dit :
Paul dit :Maître Cube dit :
Quel épitre ce Paul !.. Je ne vous (le fait pas dire)
Paul servit
Maître Cube dit :
Vous me semblez être dans une forme olépique Paul ! Quel ace ! Vous valez bien qu'on vous roue d'applaudissementsValet d'Epique dit :
C'est que...j'ai les zeillorons. Ca doit être ma tendinite qui fait ça, à force de pigmenter des essieux (mais personne n'écoutait ses explications)
Maître Cube le tape en disant Bravo
"BravoAie
Bravo
Aie
Bravaie
Ho
Braveheart"
A ce rythme, un bout du Bout de Paul Valet s'échappa de sa nuque
Maître Cube dit :
De la chair de valet ! Du valet d'élevage qui plus est... Du balai mon valet ! Allez ! oust' ! ruche !
mais ce n'était là ni de la chair d'évéque-valet (comme on trouve parfois de ces disgraciosités) ni de la chapelure et tandis que la foule l'écoutait, le Bout lui répondit :
Si vous obéissez à mes vecteurs, vous mangerez et vous boirez des petits bouts, dans mon hangar. Celui qui met sa confiance en moi n'est pas enflé, mais à celui qui n'a pas, on ôtera même ce qu'il balaye.
- En vérité, scrabble à vous, délimités, car c'est de la même manière que vos ancêtres ont traité ta mère. Et il y aura de la rouille et des grincements d'autiste au jour de l'assise
La foule (à qui on avait déjà beaucoup fait appel) parut légérement déçue
Maître Cube dit :
- En vérité, exécrable, avoue ! Aboule !
Mais le valet avait trop (été/automne/hiver/le printemps) frappé et n'avouait que des fleuves de sang charriant des pirogues à bord desquelles de petits africains du Vénéro chialaient sur des blogs / deux petits oursins / vénérèrent le dieu de la mer, et pour finir, un petit camion s'envola, suivi de chiens.
"on" n'y comprenait plus rien
et ses multiples petites têtes muettes aspiraient les rivières
sur les tumultes
depuis la cour
la cour des meubles
"On" etait parti depuis longtemps
(exceptionnellement, ce texte n'est pas de moi, mais de mon ami Boy, qui ne m'a absolument pas autorisé à le poster ici mais bon)
Monsieur le Chef des armées de Prusse,
J'ai lu dans le journal votre annonce concernant le poste de Général d'Infanterie dans l'armée prussienne mais les services que je vous propose sont d'un ordre tout autre.
Je suis moins habité par l'esprit de meute que par la conscience religieuse et, si je n'ai pas été communié, ni même baptisé, j'ai réussi vingt ans durant à générer la bonté et la compassion dans le cur des gens de passage à Paris, vers la partie haute de la rue Oberkampf. N'ayant pas obtenu de licence d'aumônier, mon expérience dans le domaine mystico-religieux reste sans justificatifs. Néanmoins, si vous daignez me rencontrer, vous vous rendrez vite compte que je porte en moi les stigmates de cette passion sociale. Je suis un sujet consensuel, aimable et convertible sur de nombreux plans. Par ailleurs, ma connaissance aiguë des problèmes humains, qu'il s'agisse de petits tracas quotidiens ou de tourments existentiels, atteste une souplesse d'esprit et une capacité de compassion formidables. Il est dans l'intérêt de vos soldats, Monsieur, que j'exerce auprès d'eux mes talents de toute urgence : c'est leur salut qui est en jeu et Dieu sait que l'ennemi n'attend pas que l'on se repentisse pour nous porter un coup fatal. J'ai côtoyé les plus sordides situations, j'ai éprouvé les plus atroces souffrances, les plus vaines lapidations, j'ai expérimenté des séquences d'inactivité d'une durée colossale, et je me sens tout à fait mûr pour ce poste. Par ailleurs, je suis bien décidé à ne pas vous lâcher.
L'entretien pourrait avoir lieu à l'heure que vous souhaitez, le jour que vous me désignerez. Je suis en effet disposé à travestir l'aménagement de mes journées auprès de mes clients pour qu'ils n'y voient kdufeu, je dois dire que je suis doué pour ce genre de pratiques. Un exemple : samedi dernier, j'étais convoqué à un entretien rue de Courcelles pour envisager mon embauche en tant que poète dans une entreprise de travaux publics. Je suis arrivé en bas de l'immeuble, j'ai composé le code dont la consigne était "appuyez sur le bouton porte en bas du cadran numérique", je suis monté au deuxième étage, je suis passé sous la petite arche qui se prenait pour une enseigne et j'ai fini par déboucher sur un cube blanc tapissé de quelques tableaux de maîtres qui avaient encore perdu la perspective après que la Renaissance l'aie pourtant regagnée. Et là, je dois m'arrêter sur la tenue des prétendants. C'était un casting des plus étranges : sur un fauteuil, près du radiateur, un universitaire défroqué lisait le journal en marmonnant des insultes savantes. Je m'en souviens d'une en particulier, "saloperie de sorbonnard", parce que j'avais officié dans des rues proches de la Sorbonne et que ces jeunes étudiants politisés, riches et dans-le-vent m'avaient parus plutôt dociles, assidus et attentifs à mes leçons de charité. Je reçus de leur part des pièces de la plus touchante considération.
Mais je m'égare, revenons-en à cet entretien fameux dont je vous parlais. Outre les universitaires allégoriques et les lycéens symbolistes, il y avait, parmi les prétendants au poste de poète, une jeune femme blonde, aux yeux d'amende douce, au buste fort et à l'abdomen rentré. Je serais incapable aujourd'hui de dire ce qui me plut, chez elle, pourtant, je tombai presque immédiatement sous le charme. Elle observait les tableaux de maîtres accrochés au mur, dont un s'appelait Guernika et qui me gêna parce qu'il n'avait aucun relief. Il était aplati et ne figurait rien de valable ou de vraiment définissable. On eût dit qu'il ne servait qu'à faire peur (car si je l'avais vu la nuit, à la lumière d'une torche, dans une grotte profonde, j'aurais été terrifié, c'est sûr et je pense que si Monsieur se représente le tableau et se figure cette situation, il doit frissonner, comme moi qui me ressouviens de cette illusion). Par ailleurs, il me sembla que ce peintre ignorait la couleur, en plus d'avoir perdu le sens de la perspective, constatation dont advint le désintérêt le plus total de ma part pour la peinture en général et pour le restant de ma vie. Les formes travaillées, comme sculptées, de ma concurrente blonde me semblèrent un objet plus adéquate à la contemplation dans laquelle j'allais être plongée pendant deux jours entiers, du fait que l'employeur avec qui nous devions nous entretenir était mort de sa belle mort dans le fauteuil de son bureau quelques années plus tôt et que nous l'ignorions. Je restai donc deux jours pleins dans cette salle sans que personne ne s'aperçoive de mon absence sur mon lieu de travail. La raison? Vous allez le savoir et considérez-vous sur ce point comme sacrément privilégié car c'est un secret que j'ai peu l'habitude de divulguer.
Figurez-vous qu'une semaine en amont de cet entretien et tandis que je m'étais convaincu de m'y présenter, j'entrepris de confectionner un clone articulé de ma personne, une sorte de double de moi chargé de faire écran à mon être véritable en quête d'une activité plus rémunératrice. Avouez que c'est une riche idée. Le concept poétique de la pudeur, ou du double, incarné dans le dispositif le plus pragmatique de nécessité ordinaire Cette entreprise me mobilisa six jours et six nuits. Le septième jour, la marionnette était créée. Si l'on remarque, en plus, l'entraînement à l'expérience poétique que cela constituait et l'importance que cela pouvait revêtir dans mon cheminement poético-professionnel, c'était une idée dont je suis décidément fier.
Ainsi, le jour précédent l'entretien je plaçai cette poupée quasi-clonesque à l'heure et à l'endroit exacts de ma future vacance, c'est-à-dire à l'angle des rues Oberkampf et Ménilmontant, entre 10h et 18h, temps pendant lequel je m'éclipsai au bistrot d'une rue voisine. Le bilan est éloquent et ne souffre d'ailleurs parmi moi aucune contestation : mon chiffre d'affaire pour cette journée ne connut pas de baisse conséquente (à peine 10%, mais de toute manière le jeudi rapporte peu). J'étais donc assuré que les gens ne me prêtaient aucune attention véritable à cet endroit et dans cette tranche horaire, ce qui me soulageait parce que j'avais envisagé, un temps, que l'heure du déjeuner, qui voit déferler dans les rues les travailleurs intermittents et la marmaille externe, me soit fatale et fasse échouer mon plan. Fort heureusement, les gens de bureau en liberté entretiennent un certain appétit pour les discussions frivoles et ils n'ont rien remarqué ou, je ne sais pas, ils ont peut-être vus mais n'ont rien voulu voir, comme ça arrive souvent chez ces gens-là, le dérisoire et le trivial à toute échelle leur est trop familier, peut-être même qu'ils ont vus mais qu'ils n'ont pas ri parce qu'ils sont trop habitués à ces folles mises en scène, ou bien peut-être qu'ils se disent qu'ils paient pour voir de telles performances dans des squats aménagés, d'habitude, et que si le dénuement extrême et gratuit de ce playmobile de chiffon leur offrait de rire si gracieusement c'est qu'il y avait quelque chose de louche, qui n'allait pas de soi dans le bon ordre des choses du monde qu'on achète. Ils vivent les choses à petit-feu, ces gens-là, et se lavent aux grandes-eaux médiatiques, c'est comme perdu d'avance, ils ne savent plus pourquoi ils vivent et celle pour qui leur bite se lève, pour qui leur coeur s'enfle, disparaît et réapparaît de derrière une nuée d'images toutes plus communes et toutes plus obscènes. Ils sont de ceux qui s'enterrent quand ils pensent un peu trop et qui ne savent plus rien saisir du monde, pendus aux rouages d'un mécanisme d'érudition systématique et diffuse, qui ne résout rien, ne perce aucun mystère et qui se disperse à mesure qu'elle se sent croître. Mais peu importe, en fait : ils n'ont rien remarqué, le plan a fonctionné, c'est tout. Quant aux enfants externes cette espèce insidieuse ne m'a jamais attiré de tendresse je dois l'avouer, mais ils ont l'avantage que leurs parents ne portent aucune attention à ce qu'ils peuvent dire, faire ou subir. Ils peuvent gueuler mille vérités en une minute, faire la démonstration d'une découverte scientifique de premier ordre, franchir trois de leurs congénères en un seul bond à saute-mouton, jamais on ne les écoutera, jamais on ne les regardera faire, jamais on ne les croira, et c'est une des très bonnes choses que l'individualisme a produit car si, par malheur, les parents avaient conservé ne serait-ce qu'un Pitch d'attention pour leur descendance à l'heure du déjeuner, mon plan aurait échoué tout aurait sombré.
Je dois vous avouer que j'ai une pratique très particulière du métier de poète et de religieux, influencée sans doute par l'interprétation elle aussi très particulière que je fais des textes des poètes et des religieux. A priori, on peut dire que je n'aurais pas eu l'idée de grouper ces deux domaines dans l'ensemble "poético-mystico-religieux", (ensemble tout à fait artificiel puisque je ne lui connais pas de compagnonnage ou de corporations propres), en ce sens que ma nature ne me disposait pas à constituer un tel couple dans mon esprit ou, si vous préférez, que de naissance, rien ne me destinait à rétribuer ma sottise à des couplages d'une telle absurdité, à la mettre au service de telles déflagrations psychiques. J'aurais pu être un sot conscient des nécessités matérielles et me poser, dès 18 ans, dans une manufacture du Nord à peu près deux ans avant qu'elle ne ferme, faire la saison de la plonge et des vendanges ensuite, et fumer beaucoup, trop, et pour le coup prendre l'air d'un vrai prophète, porter des sandales, me triturer les paumes, me laisser pousser une barbiche filasse, et cætera Mais c'est que, voyez-vous, mendier de l'azur ou faire la quête, je ne saisis pas la différence. On finit toujours par souffrir de faim. Et Monsieur sait bien, dont un vulgaire tabloïd à révélé le passé de bandit et d'escroc, que dans ces cas on n'agit jamais par plaisir, mais par nécessité assurément.
C'est par nécessité, aussi, que j'ai entrepris de mentir à ma clientèle, de berner mes donateurs l'espace d'une journée en travestissant ma vacance en un playmobile dégagé de toute contraction. Car, tout à coup, je me rends compte de mon erreur et je m'aperçois, maintenant, que ce que je voulais ériger à vos yeux en uvre de stratège pourrait bien être assimilé par vous à un acte de trahison en regard de la solidarité qui unit bien des employeurs. Je m'en défends, Monsieur, et je puis même affirmer que vous aurez tout le loisir d'éprouver ma largesse d'esprit et mon abnégation au travail lors de ma convocation à notre entretien. Je ne suis pas d'allure courtoise, je dois vous en avertir, mais un homme qui prétend répondre aux critères d'un Général d'Infanterie de l'armée prussienne est-il plus courtois d'après vous ? N'est-il pas, à l'inverse, bien plus vulgaire, dans sa toute-confiance, que ne le laissent paraître ses vêtements ? L'habit ne fait pas le moine, et je suis bien placé pour le savoir, moi à qui l'on refuse la licence d'aumônier depuis plus de vingt ans sous le faux prétexte que je ne connais rien à la religion, ni aux évangiles, ni à la sagesse, ni aux Macchabées, ni aux Nombres (veuillez croire, pourtant, que je sais compter comme il faut), prétexte à peine dissimulé derrière un poudroiement d'idées reçues comme, par exemple, celle qui dicte au plus grand nombre la pensée selon laquelle un homme qui pue est un homme sale, raccourci d'une logique absolument irrecevable si l'on considère, suivant ma thèse, qu'une personne dont on trouve qu'elle a vraiment mauvaise haleine
est en fait une personne ayant acquis la capacité de nous renvoyer notre propre haleine. Mais inutile de continuer, vous croisez cette population tous les jours vous aussi, et sûrement vous aussi vous rendez-vous compte que ces gens sont tous prêts à briser leur miroir dès lors qu'il n'exauce pas leur volonté de "paraître".
Oh, une fois de plus je m'égare ! Veuillez m'excuser, Monsieur. Mais peut-être comprenez-vous ce désir de sortir de soi, de se livrer à une sorte d'errance volubile et jubilatoire comme devant un verre ou en compagnie d'une personne intime, le soir, dans la pénombre d'une chambre humide, quand on se sent roide et penaud devant le monceau de travail qui nous attend pour le lendemain... N'avez-vous jamais dérivé le long d'un sujet qui vous tient à cur, une soirée entière ou l'espace d'une pause-déjeuner, comme pour évacuer la pression d'une intervention en Irak ou dans les Balkans ? Vous savez, ces petits riens journaliers qui forment le murmure d'une ville ou d'un quartier aux alentours de 13 heures Le charme enivrant des conversations importunes sur tel ou tel ivrogne poussé sous les flancs d'une voiture du seul fait de sa titubance Allons, je sens d'ici poindre un sourire dessous votre moustache Vous reconnaissez bien qu'entre nous, Monsieur, il n'y a pas tant de différences, que nous avons les mêmes gloires a faire bien notre travail, a produire consciencieusement de l'angoisse et à la combattre en échange d'une maigre pitance et, que pour ce qu'un patron peut faire de cabrioles et de culbutes dans les comptes de l'entreprise, il peut bien tolérer quelques supercheries de la part des employés quand il ne s'agit que d'un leurre et que ses propres clients ne s'en aperçoivent même pas
Il est tant pour moi de vous laisser, Monsieur, et de vous certifier l'importance extrême que revêt le poste que je vous propose d'exercer aujourd'hui dans votre établissement. L'admiration que je porte à votre rang, au courage que requiert une fonction comme la votre, mais aussi le transport qu'occasionne, chez moi, seulement le nom d'une de vos victoires, tout cela, Monsieur, cet ensemble de considérations, cette concentration de lumière divine sur votre être et votre destin que renvoient les étoiles polies de votre uniforme, ce halo de bienveillance, cette couronne angélique autour de votre buste, tout cela, Monsieur, me permet, inexplicablement, de ne pas douter que vous accepterez de me recevoir dans les jours qui suivent.
J'ajouterais juste un mot au sujet de cet entretien. Ne vous fiez pas aux apparences et au récit que je viens de vous faire de mon expérience d'homme et rassurez-vous : je ne sors pas du rang. Je suis un homme sage et rangé, docile et loquace et je ne souffre d'aucune envie de me saborder, de ruiner les espoirs que vous voudrez placer en moi. Et quand bien même je serais déviant, boiteux, un peu inconvenant Ne vous en faut-il pas des comme moi ? Que Diable, un peu de fantaisie ne ferait pas de mal dans vos casernes, elles sont si sombres On s'y ennuie finalement, à coup sûr. Et je ne dis pas ça pour discréditer votre gestion des lieux qui forment par ailleurs les plus fameux guerriers, les plus cruels tortionnaires et les sous-tyrans les plus sanguinaires. Je vous suis dans l'idée que la discipline est la règle première et qu'avec ce bétail il ne faut pas faire de dentelle. Il faut deviser, sermonner, sacrifier, suicider, faire mugir, prêcher la bonne parole, mais la parole du Dieu qu'on veut bien leur donner. C'est très clair, pour moi, et je suis prêt à vous épauler, vous et vos généraux, dans cette tâche sans faiblir nullement et à aucun moment ainsi que le veut l'art ancestral de mener les hommes à la victoire et à la mort. D'ailleurs, je m'assigne déjà cette tâche dans la vie civile et je promets de ne plus m'embourber dans de vaines et sales considérations, qui touchent bien trop à l'impiété par leur dimension médiocrement humaine. Veuillez me pardonner la fatuité de ces mots et les circonspections égrotantes dont j'ai fourré cette lettre.
PHASE I Doute
Surprenante intrusion
Ô, paille sinueuse
Ressasser la question :
La posture miteuse
Comme en souvenir bas
L'image du pendu
Par les flots de son bras
Les dosés/les perdus
Les voix de l'empathie
Les sens et le murmure
Les charmes d'Interdit
Laid
-le plâtre du mur
Est le même repli
La grisante texture
Et si sans la mesure
On ressentait ceci...
PHASE(Action) II
Travelling
. . dilater l'épieur
Et d'un soupçon de temps
Etendu sur une heure
-Réaliser mon Sang-
La montée la chaleur
Inconstant -l' élément-
Et la vue qu'on défait;
Et les croire, pourtant,
Ces nerfs -si soulagés
Du fardeau des Géants-
Les croire, au bout de moi,
Aiguillon d'irréel
Repars/ vomir/ guerroie/
Oublier tout
-où Elle-
Ce qui revient au même
Et ne revient jamais
-Haine/heureux- "Viens ! J'aimais...
Je ne sais plus ce qu'Aime"
INSTANCE 23
Le théâtre du bourdonnement
Gargouillement du pain
Comme un réveil au four
Douleur entre les mains
Apogée du cri Sourd
Mendier des vaccins,
D'éphémères recours,
Et seul un Lendemain
M'aurait porté secours
Dans la blancheur du bras
La passion dévorée
Aveugle démon-proie,
J'orientais mes traits
-Jeu désorganisé-
Et percer/foule en tas
Caniveau/ Feu/ Gerber/
-Nos nuits comme un crachat-
Et le futur, qu'on boit
Et son sens, éclaté
PHASE(Apaise) IV
Redouter?
Toujours un peu, le soir
Tardant vers le cercueil,
Craindre le désespoir,
Ses prémices d'orgueil...
Et ventre -un peu- calmé,
Et, l'assurance frêle
Espèrer l'aile vraie
Un frémissement d'Elle
"Le théâtre du bruit ... ou quelque chose comme ça.. je ne sais plus"