Des bribes de journée s'empilent
On entend couler des histoires de tous côtés des villes
Des plaines obscurcies qu'on avait plantées là :
C'était l'hiver depuis quelques années
C'est amusant, ce qu'on peut devenir
Un peu triste parfois, c'est pour ça qu'on plaisante
C'est amusant, ce qu'on peut soutenir
Au fil de nos chemins cloutés
Chacun se regarde, prend visage à petit feu,
Des figures défilantes
Cyanosées
Je reviendrai contre les digues m'allonger sous la mer
Adopter la forme des vagues
Et puis m'endormir contre vous

-rien, c'est bien, aussi-
C'est marrant, j'ai écrit ce texte en Février 2004 et je l'ai retrouvé le 2 Octobre dernier et reposté ici. En fait je trouve qu'il colle assez bien à l'atmosphère actuelle... repost :
Un cénacle de mouches frêles et de tiques
survoltées, cinglent sur la séparation d'une paire de pays qu'avarient
quelques drones, affairés, malicieux, contenant l'affluence, évaluant
d'un clin d'apparoeil nos colonies goguenardes comme autant de
rougissures.
Et tandis qu'on saute à petons décharnés de part et
d'obus de la corde, le mur tournoie, balaie le bourg et le fondement
des stations semble hésiter sur l'intonation décisive, et casse la
cheville ouvrière/ un trèma, deux silences et votre quart de cité
s'ébroue sans chimère
Un dépeçage continu sifflote au gré des partitions, des voix morcellées du public.
On s'y fond tellement / bétail/ que les sécateurs qu'on isole ont très tôt l'espiègle anthracnose qui recouvre tous nos jurons,
Les quartiers du centre, mouvants, clignotent de tous leurs drapeaux
La machine à décrire cliquetait vrombissait, les pages médicales noircissant de craie toute l'identité
L'attirail tactique altéré se résume,
Un coup déssoude, enlève la dent de la baie d'akène attrayant,
Malgré tout
Nos coeurs déhiscents
Se condamnent à sauter
Toute valve obstruée
J'ai tout bien avalé des chansons crépitantes de ces faces berçées par des éclats de bleu, des millions de veillées de sylphes, d'amitié béantes (On en croise dans le brouillard atone des rengaines mêlées). Languides, nous lançions nos coeurs dans la braisée, nos transports en commun, toute tête fronçée.Dans un fond du paysage, longues cheminées, les ondule-terrain transformaient les tympans des moindres citoyens, mécaniques et denses. N'arboraient pour tout charme que la violence des rugissements brefs qu'on imprime au moment qu'on veut délimiter. Je souris, tout tissé de remous. Malin comme un symptôme, retendis mon enjambée -J'avais la nuque dure, parti pour Croatàn-
Une brise trancha l'égarement, raviva le marécage : Mon ongle retournait quelques peaux sous un étrange dôme, montait le volume - allongé carrelage. On peut s'accommoder de vivre un jour par an, d'un seul après-midi porter l'extase au bord des yeux-gris, frôler l'aveugle volupté -de la plage qui m'aimait, j'ai gardé tout le sable en paume- et se laisser partir / à peine douloureux.
Puis les embruns frissonnent (même direction), balbutient le prélude à d'autres coupes, tourmentent des chats-hurlés. J'ai remarqué que des rubans se faufilent sous ma peau, grésillent sans passion le tracé de cartes inutiles ou de tendres dépressions.
M'allongent l'encre amère en de tout petits hymnes imparfaits.
Généralisons {
Le temps : n'a pas d'odeur ;
Et les mille taudis : s'emplissent de téléviseurs ;
Nouvelles, fracassables : ont des raisons plausibles de raviver ;
Blessure des mêmes synonymes : rabâchés ;
}
Résister {
Semble que des grappes : tremblent, s'organisent de jolies réactions chimiques ;
Derrière un demi-rideau de safran : l'écran fait silence ;
Où le temps s'est arrêté : perle ton nom, s'apparente à la création du potentiel ;
}
Sans-regain {
Des plus violentes limites : on m'expulse à faible dose ;
Enfin le temps : se laisse vivre, et casse notre saison ;
Suis cette bombe : oubliée sous un train ;
Pré-curseur : contraction prose désamorcée, sans objet ;
Livide : au seuil de la morsure;
}
Accroupi sous un bureau, saturé de parfum
-signaler ma position-
Ma fusée de tresses fines strie la voûte
Tissu blême, maculé de soleils imprenables
De comètes croisées / filin transi de vent
Sourire et course funambule ;
Déjeûnons.
Déjà morts
Mes amis parlent fort
Dans les trains, dans l'étau
Mes amis, ventre tors
Ont le verbe qui lance
Crisse, dérangé
Moi je ne dis pas, dans un doute
Fabrique un monde en apnée.
Je crache, file, goûte
Les saccades céphalées
De l'eau jusqu'à mi-cil, fanfaronnons :
Les mécanismes nous relient,
Nous articulent malgré nous,
Refluent,
Passent, dévient,
Décantent posément -
Comme les crânes vides gardent la poussière
La guerre a perdu de son étrange attrait,
De son odeur de poudre, grise, matraquée
Longue entreprise insignifiante
Et notre projectile, en courbe retombée
Glisse une écharpe souple
Etreint la terre craquelée
Suggère un talisman dans le vide incendié
Les requins sont des gens pas malins ; comme la ville qui se voudrait dangereuse (et puis c'est qu'un pannonceau pas frais).
La plaine, aride comme une des histoires ou les plaines sont arides ;
Avec des regards, qu'on s'étouffe pire qu'un chiffon, mais je ne
Mais je ne
les croirai plus -peinture-
Shooting stars are spinning round
Round
Les dauphins sont cruels, quand on ne regarde pas
-Les dauphins sont mortels-
On vous jure.
Et d'un air circonspect, le tendon se déplie
M'ouvre la paume puis la porte, concentré
Regarde les racines, les nuages, les racines
Les rues vagues nues
Le vide / Aller
Retour
Et rien
Autour
Ah si, du vent. Enfin, des trucs, mais rien, je te dis, bref.
Une télé, deux singes dans un coin. Trois commandants.
Je reporte : sortie,
Vire de bord à chaque défense, vigoureux, s'arracher, tourner le dos, l'oeil et la mêlée
S'éloignant du perceptible,
Du câble et des vitres brouillées. Remonte le son, nage, comme une clé des champs de sol,
Assis dans l'or de vos journées
Rusted \ ruffneck \ run away
Des échanges de soleils aux tympans malaimés, gentiment, quelques tripes simulent ce qui s'enfouit, démultiplié, nous murmure en gargarismes nets comme des bulles de savon
Sous les coups de bêche pelle bêche pelle bêche
Lèche-vitrine à en crever
Frottant la toile cirée
Frottant sans se lasser le squale assaisonné
S'imprégnant du silence - Des odeurs de bois fourbu
Rejouant la même cuisine
Repatriation
To nowhere
Et le monde ressemble au derrière poilu
Du roi des neiges crues, de ce temps révolu
Que mon sonnet referme, tourne, coupe coupe.
Porte claque, pique
Round round
Il y a
Quelques foules compactes qui se trémoussent sans joie, quelques gouttes prévisibles sur les fronts délavés
Sur le tour de nos pairs entrelacés, de nos batailles, des parfums d'échecs en blanc
Ci-et-là paîssent les cercles des abusés, sous le gentil petit fanion de la misère et du pain
Même le cadran digital enfonce son aiguille sous la poussière des pores
Sous la croûte dégoûtante qui réclame son soupir haché
Déchante
Boucle souvenir en boucle
Round round round
Obnubile
duntchya know
Boucle d'argent, de travail décharné, du final achevant
Du sang platine - tous les frères acharnés
Le décevant, la fière allure
Des bombes, des torses, je jure :
Nous serons sourds, brisés, soumis, j'espère chaque jour
Et nous retranscrirons du bout du doigt les partitions rigides,
Les hymnes en braille
Parfois
La plus aigüe des souris s'élance, rebondit
Vrille
Triple lutz piqué
Salto
Gueule du chat
Ressort
Etreint le lustre
Pas griffés
Rideau
Deux heures au fond des vallées de nos doigts
Courbés
Sous l'effet du souffle brûlant
De longues lignes de métal,
Aux bras de pièces
Démontées
Rien qui ne tonne
Rien
-Consomme-
Tiens,
Prêtez-moi donc ce pan de madras
S'il te plait,
Silencieuse
-Voyelle-
Et deux pas de face, figés.
Couvre ma gorge de rideaux
D'une, et demi
Sur socle, fier
Et les ongles retombent au travers de nos poches sourdes,
Lentement
La course des djinns abrutit
Nous fixe
Tourne la tête
A nouveau
/ Tornade figée
Grain de sable
On nous étale sur la frise
Nus
Comme on oublie les contreforts
On sort d'une ombre, en général, de l'opérette
Divertis, resplendissants, transis de courbes
Comme un vent
Contre le monde
Et la bâche fendue, notre seule chimère
Inaccessible diode
Rapiécée d'imaginaire
(Décalqué)

Il paraît qu'on guérit de tout
Mais quand ?
C'est un gamin qui gesticule
Sur de petits rochers gris
Que le vent frappe a grands seaux
Le fanion du ridicule
Suit sa menotte engourdie,
La fatigue trie ses mots -
Comme on jette des lentilles
Pour ne manger que la pierre
Le banc, le bois, la chaleur
Et l'odeur fanée des grilles
Frémissantes / bris de verre,
Votre pénombre est chaleur
promenade, finalement, s'habitue à mon pas crispé.
La densité des matériaux s'estompe. Appel d'apesanteur où les têtes
résonnent de feuilles en retard. Et le tout sent l'arpège figé. Gardons
le rythme.
Mon amour sur un morceau de papier, tout est noté.
L'embarcation, les noix, du vin
Des racines crues
Une odeur de fonds marins, des oeillères de velours, un demi crâne humain.
Tout court
Un immeuble s'élance sous les battements de la pluie, masque ses fissures
Tout marche, court. On marche. Tes souvenirs demi-mots, l'eau nous file discrètement.
De petits artisans
Posent des noms
Sur des baguettes : cerf-volant
coeur est un diagnostic en pattes de mouche bée
Qu'on s'intime de cesser, trouver du fer, planter son arbre verrouillé
D'oeil électrique
Par dessus la palissade rembourrée
Jeter de la grêle sur le chantier
Puis, d'un ton médical, démontrant la récré
Ma bouche tourne, s'éparpille, fond
révolution glacée